Trace

Je me suis détaché, de ceux qui m’ont blessé

J’ai eu le cœur brisé, tant de larmes versées

Autrefois j’avais peur, de laisser à mon cœur

La première des places, où laisser une trace

 

Quand je sentais sur moi, le souffle d’une voix

Je me serais damné pour qu’elle puisse m’aimer

Mais mon chemin fut autre et je devins apôtre

Dans un monde inconnu où je me suis perdu

 

Mes courants asséchés, je pus tout explorer

Des confins de ma vie, j’en avais le tournis

Ce tourbillon nouveau, me rappelait ces maux

Ceux que je voulais taire, étant un peu trop fier

 

Dès mes tous premiers pas, je fus un enfant roi

L’amour de mes parents m’aura porté longtemps

Un voile de douceur, antidote au malheur

Comment les remercier, je les ai tant défiés

 

Mais l’enfant a grandi et affronté la vie

Devant moi la misère a troublé mes manières

Cette étrange vision m’a rempli d’émotions

J’ai vu de près la mort, sur les routes et les ports

 

En choisissant mes voies, j’ignorais qu’ici bas

Il me faudrait du temps, pour vivre pleinement

Oublier la raison, et laisser aux passions

Le loisir d’exister, mais quel prix à payer

 

J’étais très bien pourvu quand les autres étaient nus

Je me croyais heureux, mais ce temps dura peu

Je sentais en mon cœur, une sourde douleur

Devenais-je un peu fou ? J’en avais du dégoût

 

A chacun de mes pas, je vis du désarroi

Je regardais les yeux de ces mil malheureux

Qui mouraient là de faim, quand j’emplissais mes mains

De ces rêves inutiles, à ce monde futile 

 

J’eu envie de hurler à l’univers « pitié »

Pourquoi ces oubliés et moi, le tant gâté?

Où était le mérite, être né dans un gite

Quand dehors la misère estompait la lumière

 

Je me suis arrêté, et les ai regardés

Puis je les ai aimés, bercés et cajolés

Et le flux de la vie a ouvert l’infini

J’ai retrouvé la grâce et laissé une trace

 

 ©15 11 08 (Antia)