En Pierres Émoi

 

 

 J’ai posé la main sur ton flanc

Cathédrale d’un autre temps

Chapelle aux mille sacrements

Survivant


Je n’ai cessé de rechercher

La Lumière en tes lieux sacrés

Bénie des Dieux d’Éternité

Effacée

 

J’ai levé les yeux vers le haut

Me suis nourri de tes joyaux

Noyé dans les fonds baptismaux

Sous tes eaux

 

Devant l’époustoufflante hauteur

De tes voûtes et courbes d’ailleurs

L’émoi a déposé en fleurs

Quelques pleurs

 

Je me suis fondu dans ta pierre

En communion et en prière

Ressentant ton âme guerrière

Ta Lumière

 

Combien d’hommes ici sont tombés

Et combien de sang fut versé

Pour qu’un futur soit habité

Du passé

 

Les fantômes hantent un peu ces lieux

Sacrifiés sur l’autel des Cieux

Mon regard à travers leurs yeux

A vu Dieu

 

Les anges et les saints éternels

Au chœur de tes fières dentelles

Sous les orgues qui étincellent

M’ensorcellent

 

J’appartiens à ces bâtisseurs

A la mémoire des tisseurs

De ceux qui n’ont jamais eu peur

Des grandeurs

 

Que l’on me dise que j’ai tort

D’aimer ces lieux hantés de mort

Moi je les aime c’est plus fort

Dans mon corps

 

© Anita le Sant

 

Polissage divin

 


Attendri moi le jour, attendri moi la nuit

Attendri mes épis, mes rebelles défis,

Ma chair, mon sang, mon âme, attendri les aussi

Attendri tout en moi, que je sois bien polie,

 

Sous un vernis sacré, je m’étais emmurée

Le voile de l’oubli, je m’en étais parée

J’entendais bien la voix, ne pouvant l’ignorer

Mais le temps n’était pas, que je puisse éclater

 

Regarde au fond de moi, sonde au fond de mon cœur

Sonde cet inconnu, mon regard intérieur

Cherche en lui le salut, le souffle du meilleur

Celui de tes attentes et celui de tes peurs

 

Effleure mes printemps, déguste mes étés

Au chœur de mes hivers, laisse-toi emporter

Que mon feu intérieur ne vienne pas brûler

Cet amour que je sens naître et se décupler

 

Poli chacun des traits, mon visage et ma voix

Les rides du passé, mes professions de foi

Les doutes et les alliances, impassibles émois

Poli moi de partout, poli moi contre toi

 

Adouci mes élans et apaise mon feu

Mais laisse-moi brûler, aux folies de nos jeux

Un mal pour avancer, vers un cœur douloureux

Dont le tort est d’aimer comme il en est si peu

 

Regagne chaque jour ce que tu perds la nuit

Que ce soit de l’Amour ou un autre défi

Regagne chaque instant les parcelles de vie

Oubliées, délaissées, perdues dans l’infini

 

Berce-moi de baisers, offre-moi un sourire

Un divin souvenir, un souffle de plaisir

Puis sur un dernier rire, enlace mes soupirs

Que je puisse dormir, près de toi et mourir

 

@ 24/02/09 – Anita Le Sant