D’un ailleurs sans limites

Suis-je un caméléon, un nuancier sans fond

Un courageux poltron, une perche aux gardons

Suis-je un bon compagnon quand je tiens le harpon

Qui mène par le fond ses rêves d’horizon

Tu pleures et moi je ris dans ta maison sans plis

Je chante mes envies, mes rêves, mes folies

Tu vis dans l’interdit, dans la peur, le déni

Est-ce là une Vie sans trace de folie

Je vis dans la nuance et toi dans l’abstinence

Je suis l’impertinence au chœur de tes défenses

Une voie d’abondance, un tout sans complaisance

J’aime les aiguillages aux troublants paysages

J’aime aussi les nuages et les verts pâturages

Je n’en suis pas moins sage à aimer les voyages

Parfois c’est le brouillard qui cueille mes espoirs

Je n’ai pas peur du noir, j’aime attendre à la gare

Pourvu que quelque part on m’offre un reposoir

Je suis d’un autre temps, autre tempérament

D’une étoile l’enfant, un aveu ou un chant

Je vis l’instant présent sans figer ce moment

Mais je suis fatigué de toujours me cacher

De devoir naviguer sans jamais m’arrêter

Pourtant la Liberté j’en ai fait mon alliée

Mais le prix à payer est si lourd à porter

Aujourd’hui je suis las, j’ai mal à chaque pas

Beaucoup trop d’entrelacs ont eu raison de moi

Mon Amour et ma Foi, le temple de ma Joie

Sont du monde là-bas, d’un univers sans lois

© Anita Le Sant