Dis-Toi


 

Parle-moi de tes maux, dis-moi tous tes silences

Partage l’expérience en deux ou mille mots

Rassemble les morceaux, ceux qui restent en instance

Avant la délivrance, avant le dernier saut

 

Dis-moi cette douleur, cette lente agonie

Le souffle de la Vie qui attise tes pleurs

Dis-moi toutes tes peurs que je les magnifie

Qu’une caresse amie s’y dépose en douceur

 

Dis-moi ton premier rêve avant de t’en aller

Avant l’Eternité, avant de rejoindre Eve

Dis-moi où est la grève où tu veux reposer

 

Parle-moi de ta Foi autant que de tes doutes

Que nous prenions la route aux innombrables voies

Que j’apporte la Joie à ton monde en déroute

 

© Anita Le Sant

Aimer … ainsi …

 

Aimer … ainsi …


Pardonnez-moi d’aimer, d’être ce que je suis

Un souffle à épuiser aux aurores meurtris

L’étrange rareté dont s’empare la vie

Lorsque la satiété ne trouve son répit


Comment puis-je altérer l’élan qui me nourrit

Celui qui m’a jeté depuis cet infini

Hors des tranquillités pour revenir ici

Du champ d’éternité aux champs des incompris


Combien faut-il jeter de pierres aux insoumis

S’ils ne font que parler de leurs maux et envies

Sans jamais réfréner la course des défis

Jusqu’à s’en épuiser et y perdre la vie


Je les ai observé tous ces vaillants esprits

Des monts et des vallées, l’écho portait leurs cris

Combien ont résonné dans les creux de mes puits

Où j’allais, atterrée, me ressourcer de Vie


J’ai voulu m’éloigner de tout ce qui terni

Mais je dois témoigner pour ce qui anobli

Loin de vouloir sauver chacune de vos vies

J’aime tant vous rêver vivants, en harmonie


Les couleurs du passé offrent cette alchimie

Que vos cœurs ont cherché à reproduire ici

Combien se sont heurtés aux vaines embellies

Sans jamais retrouver la voie de l’éclaircie


Car pouvoir se moquer de tout ce qui soucie

Sans jamais redouter d’être nommé « maudit »

Nous oblige à aimer ce qui différencie

La personne alitée et ce qui la pourri


Si la curiosité s’endort avec la nuit

La spontanéité lancée comme défi

Ne sera que raclée, gifle des affranchis

Et nos cœurs mortifiés sombreront dans l’oubli …


Pardonnez-moi d’aimer … ainsi …


© Anita Le Sant