D’un ailleurs sans limites

Suis-je un caméléon, un nuancier sans fond

Un courageux poltron, une perche aux gardons

Suis-je un bon compagnon quand je tiens le harpon

Qui mène par le fond ses rêves d’horizon

Tu pleures et moi je ris dans ta maison sans plis

Je chante mes envies, mes rêves, mes folies

Tu vis dans l’interdit, dans la peur, le déni

Est-ce là une Vie sans trace de folie

Je vis dans la nuance et toi dans l’abstinence

Je suis l’impertinence au chœur de tes défenses

Une voie d’abondance, un tout sans complaisance

J’aime les aiguillages aux troublants paysages

J’aime aussi les nuages et les verts pâturages

Je n’en suis pas moins sage à aimer les voyages

Parfois c’est le brouillard qui cueille mes espoirs

Je n’ai pas peur du noir, j’aime attendre à la gare

Pourvu que quelque part on m’offre un reposoir

Je suis d’un autre temps, autre tempérament

D’une étoile l’enfant, un aveu ou un chant

Je vis l’instant présent sans figer ce moment

Mais je suis fatigué de toujours me cacher

De devoir naviguer sans jamais m’arrêter

Pourtant la Liberté j’en ai fait mon alliée

Mais le prix à payer est si lourd à porter

Aujourd’hui je suis las, j’ai mal à chaque pas

Beaucoup trop d’entrelacs ont eu raison de moi

Mon Amour et ma Foi, le temple de ma Joie

Sont du monde là-bas, d’un univers sans lois

© Anita Le Sant

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Dis-Toi


 

Parle-moi de tes maux, dis-moi tous tes silences

Partage l’expérience en deux ou mille mots

Rassemble les morceaux, ceux qui restent en instance

Avant la délivrance, avant le dernier saut

 

Dis-moi cette douleur, cette lente agonie

Le souffle de la Vie qui attise tes pleurs

Dis-moi toutes tes peurs que je les magnifie

Qu’une caresse amie s’y dépose en douceur

 

Dis-moi ton premier rêve avant de t’en aller

Avant l’Eternité, avant de rejoindre Eve

Dis-moi où est la grève où tu veux reposer

 

Parle-moi de ta Foi autant que de tes doutes

Que nous prenions la route aux innombrables voies

Que j’apporte la Joie à ton monde en déroute

 

© Anita Le Sant

En Pierres Émoi

 

 

 J’ai posé la main sur ton flanc

Cathédrale d’un autre temps

Chapelle aux mille sacrements

Survivant


Je n’ai cessé de rechercher

La Lumière en tes lieux sacrés

Bénie des Dieux d’Éternité

Effacée

 

J’ai levé les yeux vers le haut

Me suis nourri de tes joyaux

Noyé dans les fonds baptismaux

Sous tes eaux

 

Devant l’époustoufflante hauteur

De tes voûtes et courbes d’ailleurs

L’émoi a déposé en fleurs

Quelques pleurs

 

Je me suis fondu dans ta pierre

En communion et en prière

Ressentant ton âme guerrière

Ta Lumière

 

Combien d’hommes ici sont tombés

Et combien de sang fut versé

Pour qu’un futur soit habité

Du passé

 

Les fantômes hantent un peu ces lieux

Sacrifiés sur l’autel des Cieux

Mon regard à travers leurs yeux

A vu Dieu

 

Les anges et les saints éternels

Au chœur de tes fières dentelles

Sous les orgues qui étincellent

M’ensorcellent

 

J’appartiens à ces bâtisseurs

A la mémoire des tisseurs

De ceux qui n’ont jamais eu peur

Des grandeurs

 

Que l’on me dise que j’ai tort

D’aimer ces lieux hantés de mort

Moi je les aime c’est plus fort

Dans mon corps

 

© Anita le Sant

 

Polissage divin

 


Attendri moi le jour, attendri moi la nuit

Attendri mes épis, mes rebelles défis,

Ma chair, mon sang, mon âme, attendri les aussi

Attendri tout en moi, que je sois bien polie,

 

Sous un vernis sacré, je m’étais emmurée

Le voile de l’oubli, je m’en étais parée

J’entendais bien la voix, ne pouvant l’ignorer

Mais le temps n’était pas, que je puisse éclater

 

Regarde au fond de moi, sonde au fond de mon cœur

Sonde cet inconnu, mon regard intérieur

Cherche en lui le salut, le souffle du meilleur

Celui de tes attentes et celui de tes peurs

 

Effleure mes printemps, déguste mes étés

Au chœur de mes hivers, laisse-toi emporter

Que mon feu intérieur ne vienne pas brûler

Cet amour que je sens naître et se décupler

 

Poli chacun des traits, mon visage et ma voix

Les rides du passé, mes professions de foi

Les doutes et les alliances, impassibles émois

Poli moi de partout, poli moi contre toi

 

Adouci mes élans et apaise mon feu

Mais laisse-moi brûler, aux folies de nos jeux

Un mal pour avancer, vers un cœur douloureux

Dont le tort est d’aimer comme il en est si peu

 

Regagne chaque jour ce que tu perds la nuit

Que ce soit de l’Amour ou un autre défi

Regagne chaque instant les parcelles de vie

Oubliées, délaissées, perdues dans l’infini

 

Berce-moi de baisers, offre-moi un sourire

Un divin souvenir, un souffle de plaisir

Puis sur un dernier rire, enlace mes soupirs

Que je puisse dormir, près de toi et mourir

 

@ 24/02/09 – Anita Le Sant

Entre nous mon Ami

 

Entre nous mon Ami

 

Je vais te dire ami, ce qu’est un peu la Vie

Tu seras bien surpris, étonné et conquis

Ou peut-être étourdi par le vaste récit

Rassure-toi l’ami, écoute et puis souris

 

Tu as posé tes pas sur un sol dur et froid

Et tout ce que tu vois tu penses que c’est ça

Un monde au mil tracas où l’Amour et la Joie

La peur, le désarroi se marient ici-bas

 

Mais il y a des ors au fond de tous les ports

Des vivants et des morts, tressés en corps à corps

De multiples décors, autant de corridors

Dans le Ciel des condors et en toi, un trésor

 

On t’a donné des clés par centaines et milliers

L’armure d’un guerrier et son grand bouclier

Et pour que soient légers tes pas sur le gravier

Chaque instant à fêter, chaque instant à aimer

 

Tu dis « c’est difficile » en lorgnant ton nombril

Ce n’est jamais facile et c’est parfois fragile

Dans ce monde infantile il te faut être agile

Jongler avec des fils avant d’être sénile

 

Tu regardes là-haut, ce ciel si bleu, si beau

Et tu n’as plus les mots pour exprimer tes maux

Ici, c’est froid ou chaud, un coup vrai, un coup faux

Dans ce méli-mélo tu peux laisser ta peau

 

Tu cours après le temps, tu hurles sous le vent

Tu es gai, mécontent, tu trépignes, impatient

Ce n’est pas surprenant, car tu es inconscient

Ta Source est en dedans et c’est toi qu’elle attend

 

Tu rêves de moissons, de plus belles saisons

De Liberté sans fond, d’Amour en ta maison

Mais tu vis en prison, te nourris de poison

Tu t’ennuis à foison et trouve le temps long

 

Je peux t’offrir à boire, écrire une autre histoire

Devenir ce miroir aux reflets dérisoires

Mais je suis un poussoir dans ce monde illusoire

L’ami tu peux me croire, il y a de l’espoir

 

 

Taper contre les murs, surtout quand c’est trop dur

C’est bien trop de blessures au nom d’une imposture

Et ta belle aventure, au fur et à mesure

Perd ses couleurs futures à force de censure

 

Je te connais par cœur, tu ris mais tu as peur

Tu cherches le bonheur, mais tu le cherches ailleurs

Mais à travers tes pleurs, tu nourris tes douleurs

Tu dis que ton labeur manque un peu de saveurs

 

Le silence est avare et ton esprit bavard

Tu remises au placard ton blues et ton cafard

Et tu cherches dans l’art un sens, un signe, un phare

Mais c’est nu et sans fard qu’on t’attend à la gare

 

Ecoute bien ceci, il est des interdits

Des vallées endormies au chœur de ton abri

Je vois que tu souris et que tu es surpris

C’est un cadeau la Vie, l’Amour y fait son nid

 

Je vois, tu es troublé, tu penses à ton passé

Ce que tu as laissé, tes voies abandonnées

Que tu sois désolé d’avoir tant gaspillé

Suffit à exaucer tes grands rêves mort-nés

 

Ton pouvoir de choisir, de bien, mal t’anoblir

Ne pourra qu’affaiblir l’autel de tes désirs

Je te vois qui soupire à travers un sourire

Je ne peux que t’ouvrir au nouvel avenir

 

Ton royaume est en Toi, tu en es le seul Roi

T’appartiennent des Choix et leurs multiples Voies

Le chemin de la Foi te semble lourd parfois

Mais tu as Tout en Toi, l’Amour ganté de Joie

 

© Anita Le Sant

Extrait de mon recueil « D’une Âme à l’Autre » – « Amants »

 

Amants


Ainsi as-tu gagné, voilà que j’abandonne

Un rêve inachevé, dans la nuit qui résonne

A petit pas feutrés, offerte je me donne

Aux élans sacrifiés du cri de la Madone


Frôler chaque sillon d’un corps en renaissance

Détourner la raison, l’élever en conscience

Un cri, une oraison, la peur de l’insouciance

Ouvre enfin la prison à l’amour, sa puissance


Dépose sur mes yeux, des baisers et des roses

Leurs parfums savoureux mèneront à l’osmose

En libérant mon feu, je serai overdose

D’amour impétueux, une autre apothéose


Les caresses du temps, mélangent nos envies

Et dans l’éloignement, nous volons à la vie

Les délices d’antan, tout ce qui fut déni

Quand nos deux cœurs gourmands, mêlaient leurs derniers cris


Dans chaque pulsation, c’est le cœur de la Terre

Qui prend la décision, d’aimer jusqu’en enfer

De vivre une passion, où je sens que je perds

Toutes mes illusions, et mes derniers repères


Je vais m’abandonner, dans le creux de tes mains

Puis me laisser aimer, te sentir en mes reins

Je me sens si troublée, cet instant est divin

En moi tu as laissé, un souffle et un parfum


Les cieux recherchent encore où nous avons perdu

Les attaches à nos ports, en nous jetant à nu

Dans un doux corps à corps sans autre retenue

Dégustant ce trésor dans un dernier salut


Mon âme s’est enfuie, devant tant de bonheur

Je redoutais l’envie, son étrange lueur

Où qu’on me sacrifie, sur l’autel des ardeurs

Et dans tous ces dénis, je laissais passer l’heure


Ton amour m’a guidé, en toi j’ai eu confiance

Je me suis dévoilée, libéré ma prudence

Dans tes fougueux baisers, j’ai perdu l’innocence

Au feu de ton brasier, je suis un camp d’essence


Prends possession de moi, lentement, patiemment

Un va et vient de joie, sans aucun crissement

Inventons-nous des lois, ici et maintenant

Pour qu’enfin, moi et toi, soyons unis, amants


© Anita Le Sant

Aimer … ainsi …

 

Aimer … ainsi …


Pardonnez-moi d’aimer, d’être ce que je suis

Un souffle à épuiser aux aurores meurtris

L’étrange rareté dont s’empare la vie

Lorsque la satiété ne trouve son répit


Comment puis-je altérer l’élan qui me nourrit

Celui qui m’a jeté depuis cet infini

Hors des tranquillités pour revenir ici

Du champ d’éternité aux champs des incompris


Combien faut-il jeter de pierres aux insoumis

S’ils ne font que parler de leurs maux et envies

Sans jamais réfréner la course des défis

Jusqu’à s’en épuiser et y perdre la vie


Je les ai observé tous ces vaillants esprits

Des monts et des vallées, l’écho portait leurs cris

Combien ont résonné dans les creux de mes puits

Où j’allais, atterrée, me ressourcer de Vie


J’ai voulu m’éloigner de tout ce qui terni

Mais je dois témoigner pour ce qui anobli

Loin de vouloir sauver chacune de vos vies

J’aime tant vous rêver vivants, en harmonie


Les couleurs du passé offrent cette alchimie

Que vos cœurs ont cherché à reproduire ici

Combien se sont heurtés aux vaines embellies

Sans jamais retrouver la voie de l’éclaircie


Car pouvoir se moquer de tout ce qui soucie

Sans jamais redouter d’être nommé « maudit »

Nous oblige à aimer ce qui différencie

La personne alitée et ce qui la pourri


Si la curiosité s’endort avec la nuit

La spontanéité lancée comme défi

Ne sera que raclée, gifle des affranchis

Et nos cœurs mortifiés sombreront dans l’oubli …


Pardonnez-moi d’aimer … ainsi …


© Anita Le Sant

Au re-voir

"Femme" ...

 

 

Il est venu et reparti, le temps d’un souffle et c’est fini

Mais son départ n’est agonie que si mon cœur n’a rien appris

Il a donné puis il a pris mais je ne sais pas s’il a ri

Ce n’était qu’un instant de Vie mais un instant plus qu’Un Fini

 

Il avait l’âme fatiguée d’avoir été si mal menée

Un petit pas pour s’effacer que je n’ai voulu harponner

Pourra t-il un jour réparer son petit cœur si émietté

S’il n’a personne à qui laisser, un peu de son obscurité

 

Il est passé dans la douleur partager l’Amour sans aigreur

C’est à moi qu’il a fait l’honneur d’ouvrir encore un peu son cœur

Pour au moins quelques petites heures, avant d’éteindre sa lueur

 

Peut-être un jour reviendra t-il, avant de renaître au subtil

Ces mots pour lui restent fragiles, un mot parfois est si stérile

Mais sa Vérité est fertile et je le sais de ma Famille

 

© Anita Le Sant

Le chat


Le chat

Regarde-moi je suis un chat, un tigre, un lion ou un pacha

Retrouve-moi je suis perdu, je me sens à feu et à nu

Je suis un chat pas un pinson je voudrais sortir de prison

Je suis un chat, un lion, un roi, j’aime me lover contre toi


Je suis un chat bien élevé et j’ai besoin de partager

Le temps d’ici, celui d’avant, celui qu’on prenait dans le temps

J’aime les champs, j’aime les toits et les gouttières dans tes bras

Je suis un chat, un lion, un roi, j’aime me lover contre toi


Je te ronronne mon histoire en frôlant ta vie, tes couloirs

Tout près de toi je me sens bien, tu me nourris de tes câlins

Tu me regardes et je t’envie, tu parles et moi je te souris

Je suis un chat, un lion, un roi, j’aime me lover contre toi


Emporte-moi dans tes bagages et montre-moi tes paysages

L’Amour est une communion, le fruit de nos dépossessions

J’ai des milliers de territoires, un seul quand tu m’offres un mouchoir

Je suis un chat, un lion, un roi, j’aime me lover contre toi


Quand tes pieds nus s’offrent à mon corps, il n’est pas de plus grand trésor

Tout le reste est sans importance, un instant suffit à la danse

On est plus fort quand on est deux à soupirer devant un feu

Je suis un chat, un lion, un roi, j’aime me lover contre toi


Je suis fidèle et sans caprices et près de toi plein de malice

Un ami qu’on a pour la vie quand tous les autres sont partis

Offrons-nous une belle histoire et même si ce n’est qu’un soir

Je suis un chat, un lion, un roi, je suis en Amour avec toi


© Anita Le Sant

Extr’Aime

Extr’Aime


J’ai gommé les « toujours » de mon vocabulaire

Puis balayé la cour des « à corps » libertaires

J’ai malaxé l’Amour dans des récipients d‘air

Avant d’ouvrir ma cour à son être solaire


Quitte à décomposer le présent imparfait

J’ai offert au passé un futur en lacets

L’impératif aisé d’où naissaient les secrets

Je l’ai déboulonné de ses plus beaux effets


Je nourris l’addiction aux parfums « Liberté »

L’acte de contrition, qu’il s’étouffe aux péchés

Voyez l’absolution, je lui ai ri au nez

Je fais mes ablutions auprès de mon aimé


Si je suis hirondelle, il me faut des printemps

Que la Jeanne pucelle œuvre à travers le temps

Je lui offre mes ailes et mes palais gourmands

Et que la toute Belle enivre les manants


Je me suis délayée aux possibles infinis

Sans jamais regretter un seul de mes défis

J’ai ôté le collier qui retenait ma vie

Les chaînes d’un passé ont fondu dans l’oubli


Je suis explorateur aux multiples facettes

Le côté gladiateur des famines et disettes

Mon écrin Intérieur a changé sa recette

Car je suis un Seigneur, pas une marionnette


Je trace d’autres voies, hors les sentes abattues

Aux lagons je me noie enivrée d’absolu

Dans les terres et les bois des amis inconnus

Se relèvent de joie en livrant leurs ors nus


Voilà ce qu’est Ma Vie, un tourbillon divin

Et je n’ai pas fini d’empaler mes matins

Aux croches d’harmonie de mon aimé mutin

Rien ne vaut les défis, placébos aux chagrins


© Anita Le Sant

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